J'aime écrire et vous?

J’aime écrire. J'aime ecrire à une amie ou un ami, a vous que je ne connais pas. Pourtant j’ai arrêté d’écrire depuis quelques temps.  Ecrire à quelqu’un c’est se rapprocher d’elle alors qu’elle est loin. Une conversation par la pensée, une sorte de communication télépathique qui permet de toucher l’autre du bout des doigts furtivement. Ecrire à quelqu’un, je ne le faisais plus. Idem pour la marche je m'en étais degouté. Un manque d’envie ? Certe je ne me prend pas pour Jean Christophe Rufin, Sylvain Tesson ou d'Ormesson mais il faut lire et écrire. 

Non je n’étais plus capable d’écrire. Mon cerveau c’était vidé de sa substance créatrice. Ecrire au lever est difficile car tout ton corps doit se réveiller. Ton cerveau a fort à faire avec tes muscles raidis par la petite marche que tu as fais la veille pour ressusciter. Là je te vois sourire et penser : « tu vois je te l’avais dit tu forces trop ». En retour je rigole. C’est tout le contraire. Je n’ai pas assez marché hier du coup j’ai un excèdent d’énergie à dépenser.

Mais revenons sur le fait que d’écrire à une personne a qui tu penses est aussi bénéfique que de faire 10 ou 15km de marche. Tout est lié. Quand tu marches seul en voulant propulser ton corps en dehors de ses limites, ton cerveau voyage. Et c’est par la notion de ce voyage intérieur que tu te rapproches de l’autre par la pensée. L'autre c'est peut être toi, moi! La marche met en ordre de bataille les mots que tu aligneras en écrivant à celle ou celui que tu veux toucher furtivement.

Ecrire c’est comme la marche ça oxygène ton cerveau. Ça ouvre les portes du désir. Rien de sexuel la dedans. Le désir à ce moment-là, c’est l’envie de partager avec l’autre des idées, des sensations, des pulsions. Mais encore faut il que tes mots éveillent envers l’autre cette forme de désir. Il parait que c’est le terme central de la doctrine de J. Lacan, se situant par rapport à l'Autre entre le besoin et la demande dixit le Larousse. Je n’ai rien lu de Lacan. Il faudra que je m’y mette.

Mon problème est que j’ai arrêté de lire. Et écrire sans lire est un acte terriblement égoïste.

 Ohhh mon beau miroir que je m’aime. Du coup ce matin j'ecris trois textes et c’est promis j’ouvre mon Tesson ou mon Rufin (les sept mariages d’Edgar et Ludmilla) et je fais une heure de lecture.

Pour être bien il faut lire une heure par jour. Si tout a chacun le faisait sur son lieu de travail à la place d’aller à la machine a café ou de fumer sa clope, je suis certain que le mot travail prendrait un tout autre sens et que les performances professionnelles seraient accrues.

Et vous?

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