La disparition du vrai et du beau

Il y a 14 ans j’avais écrit ce texte. Nous étions loin de l’IA. Cette merveilleuse déferlante technologique qui nous menace. Nous sommes des apprentis sorciers. En 2012 je ne savais pas que je perdrais mon père 6 ans plus tard dû à la maladie d’Alzheimer. J’avais écrit ce texte le jour de son anniversaire. Il avait 82 ans. Ce texte que je trouvais prémonitoire est à nos jours bien en dessous de ce que nous vivons aujourd’hui. A vous d’écrire ce que vous en pensez.

15 avril 2012

Ce 15 avril est de ces jours, où l'on regarde sa vie. Un furtif moment sur le passé, une réflexion puis il faut se retourner sans tarder vers l'avenir.

Il y a quelque temps je m'étais promis d'écrire sur le vrai et le beau. Le temps gris de ce dimanche me fait penser à vous mes amis. Plutôt que de me lancer dans un écrit philosophique, que je ne serais pas capable de faire, j'ai préféré explorer une autre piste

Ce 15 avril est le jour d'anniversaire de mon père où malgré le poids des ans son esprit est toujours aussi vif. Son mode de pensée n'est pas le même que le mien, nos idées divergent mais nous sommes peut-être plus proches qu'il ne le semble. J'aime l'entendre parler de ses combats où les grèves et les actions sociales se faisaient pour faire avancer le bien être des ouvriers, des travailleurs, des cadres. Hélas dans beaucoup de grandes sociétés les avancées sociales sont devenues un dû. Nous quinquagénaires, qu'avons-nous fait de ces avancées sauf d'en profiter pleinement ?

Comme nous le faisons avec nos enfants mais pour d'autres raisons, nos pères ne nous ont pas expliqué les horreurs des années passées. Ils ont préféré nous protéger de l'impensable et nous donner le meilleur. Nous n'avons donc rien compris à ce qui s’est passé. Notre cas est différent, nous n’avons pas connu dans notre pays les infammies du passé, mais repus de bien être, nous nous cachons les yeux et nous ne préparons pas nos enfants à garder nos acquis, car pour eux rien n'est trop beau. Mais sommes-nous dans le vrai ?

En quelques années, notre mode de consommation a changé. Nous sommes passés de la consommation utile à la consommation intensive, nous nous sommes laissé aller au besoin intensif du changement, sans nous soucier de ce que nous faisions. Nous avons baissé notre garde. Le bonheur qui nous entourait nous a rendu égoïste par rapport au reste du monde. Le beau n'est-il pas la splendeur du vrai ?

Mais ce beau était-il réel ? La réalité n'est-elle pas le processus imaginé de quelques individus sur terre assez persuasifs pour entrainer la génération qui nous suivait dans un confort qui la transformerait en bon soldat ? Soldat au mental dénué de sentiment, capable d’asservir son prochain au nom de la bonne cause, ou d'accepter toutes les décisions de ses chefs de file en baissant la tête de peur de perdre un confort futile. C'est sans état d'âme qu’ils précipitent les entreprises nationales dans une course effrénée à la rentabilité, puis en les revendant aux asiatiques, faisant fi des hommes qui les font vivre, souhaitant avec délectation que nos pays soient à l'identique de la Chine ou de l'Inde. Le beau chez ces gens-là est très loin de notre réalité. Combien d'auto allons-nous vendre en Chine, en Inde ou au Brésil ?

Notre vision cathodique du monde nous a enfermé, replié sur nous-même. Certes nos aïeux ont pillé sans vergogne les continents soi-disant non civilisés, mais ils ne l’ont pas fait seuls. Dans ces continents où l’incrédulité et la misère régnaient, il existait des rois, des sultans, des maharadjas, qui plutôt que donner une vie meilleure à leur peuple, préféraient s'enrichir au détriment de celui-ci. Et cela n'a pas changé de nos jours.

La vie des hommes n'est hélas à ce jour qu'un cycle sans fin. Lire République nous amène à penser que seules nos technologies ont avancé, l’homme est resté lui-même.

Nous aimons tous le beau, mais la beauté est une perception unique liée à chaque individu. Et le vrai est bien souvent un cauchemar pour certains d'entre nous.

Pendant des années le peuple a manqué de tout, puis lassés des guerre passées engendrées par des monarques qui se prenaient pour des demi-dieux, nous avons élu des individus qui devaient faire en sorte de nous faire évoluer. Nous ne sommes pas tous égaux devant le pouvoir de décision ou d'organisation. Mais chacun d'entre nous se doit de protéger la liberté et être capable de dire non aux hommes que nous mettons en place pour gérer nos pays. Nous leur devons du respect, mais l’homme politique ne doit pas oublier qu’il doit sa légitimité au peuple qui lui est souverain. Je ne parlerais pas de ces nouveaux prédicateurs qui au nom d'un dieu dont ils ne connaissent même pas l'immensité puissent se permettre de parler et juger en son nom.

Je ne crois pas en la génération des managers des années 2000 pleine de préjugés et égoïste. Je crois dans la jeunesse d’aujourd’hui. C'est à nous de lui mettre le pied à l'étrier. Mais pour cela il est temps que ma génération relève la tête. Il est temps que nous relevions nos manches. Il est temps que nous disions non à toute forme d'oppression qu'elle soit laïque ou religieuse. Il est impensable que nous laissions faire les techniques managériales qui nous entraînent vers une abîme où le faux savoir et la médiocrité vivent en maître. Il est temps que nous nous ouvrions au monde. il est temps que nous soyons vrai, pour la jeune génération.

Nous vivons une période troublée. A l'autel des sacrifiés bien des quinquagénaires et une jeunesse de moins de trente ans, se trouvent parmi les victimes. Mais nous faisons que nous lamenter. Que dire de ce jeune qu’ il soit d’origine étrangère ou non qui après un bac plus cinq ne trouve que des stages. Comment à 25 ans avec un jeune enfant à charge peut-on vivre avec 1000 euros par mois en France ou 400 euros au Maroc. La réalité est tout autre chose, et pas très belle à vivre. Je me demande ce que certains dirigeants ont dans le cerveau en pensant cela.

A 50 ans lorsqu'il faut repartir, à la conquête du monde, rien n’est facile. Les forces physiques ne sont pas toujours au rendez-vous, même si la volonté est là. Mais nous devons emmener dans notre sillage cette jeunesse pour qu'elle vole de ses propres ailes et puissent peut être vivre autrement. Le travail est une chose importante à mes yeux, mais la vie est belle quand elle est vraie et riche.

Laissons derrière nous ces similis intellectuels ou similis managers qui ne savent vivre qu'au travers de la médisance, et l'irrespect de ceux qui essayent de faire avancer nos pays.

Ils n'ont jamais construit quoique ce soit mais ils se font un malin plaisir à détruire le beau pour que le vrai soit gris comme leur âme.

A mes yeux, seules comptent la liberté, l'égalité et la fraternité.

12 octobre 2026

Voila ce texte a 14 ans. La France a beaucoup perdu et s’apprête a sombrer par sa propre volonté dans les extrêmes. Tout cela a cause de politiques à l’ego démesuré qui n’ont jamais travaillé de leur vie. Je ne pensais pas que les pauvres allaient s’en prendre aux plus pauvres qu’eux. Ni qu’un bouffon gouvernerait les USA, ou qu’un autre se prendrait pour Staline.

Je ne sais si je serais là en octobre 2036 mais assurément si je le peux j’en écrirais la suite

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